4ème de couverture : Fleuve, Mer, Océan À la lisière de mes jours Je voudrai vous admirer éternellement Je voudrai tremper mes yeux Mes yeux d’enfant sorti de la terre rouge de grassfields Dans le néant, l’immensité de vos cours […] » Le Vertige de la parole rassemble des poèmes hétéroclites consacrés à des motifs poétiques traditionnels : l’amour, la fraternité entre les hommes mais aussi les maux de la guerre.
L’Auteur : Né en 1976, Émile Arsèle Nguetcheu, titulaire d’un Brevet de Technicien Supérieur (BTS) en information et communication option Communication d’entreprise, a été Chargé de relations publiques pour le compte du Comité de l’Excellence Africaine et Rédacteur en Chef du journal » La Voix des Jeunes » (Gabon). Il est secrétaire Général du Club des Poètes du Gabon. Aussi, depuis 2001, il est membre de la Ronde des poètes du Cameroun et de la Communauté Sant’Egidio.
Commentaire : Ce recueil est un tourbillon de mots dans lequel on en sort paradoxalement stable. Car, en parcourant ses vers, la vérité triomphe du mensonge, la conviction de la confusion, la loyauté de la démagogie, l’intégrité de la dualité… Et pour cause : aucune caresse n’accompagne sa dénonciation quand il écrit :
« Dans mon pays
Les tueurs d’espoir ont accouché
D’une nouvelle trouvaille
Matin midi soir
Ils vous saoulent de leur trouvaille (…)
Mais ce qui m’horrifie dans tout cela
C’est que les tueurs d’espoir de mon pays
Sont incapables eux-mêmes
De donner un contenu réel
à leur nouvelle trouvaille. »
Des strophes que l’auteur épice régulièrement d’une titraille sans équivoque : « parfois je hais la paix ; « Le silence de Dieu » ; ou encore « Triste vérité ».
C’est donc sans gant de velours que la poésie s’attèle de sa mission de dénonciateur et d’éveilleur de conscience. Sans compromis, sans envie de plaire, sans ‘politiquement correct’, puisqu’il va jusqu’à haranguer les siens au risque de les choquer, de les bousculer.
Émile Arsèle Nguetcheu dénonce de bout en bout dans son œuvre : le culte de la personnalité et les courbettes cupides des autorités politiques, la sommairité de la vie communale sur le continent berceau de l’humanité, l’arrivisme, la misère mentale qu’il illustre avec brio en réussissant à la peindre dans toute sa hideur dans le poème ‘Si j’étais un nouveau riche’, qui est aussi un clin d’œil à l’humoriste Valéry Ndongo. Il y passe également au crible l’inégalité sociale, la gabegie financière, la corruption, le mépris des valeurs morales.
Marie-Bernard Ndouguessa
Critique Littéraire CLIJEC
