Ce que le chien a vu à Nzeng Ayong

Auteurs UDEG

UDEG

2020

202 p.

Nouvelles

4ème de couverture : La longue et passionnante histoire de l’homme et de son animal de compagnie a traversé les siècles et résisté à toutes les intempéries. Le chien n’est plus simplement le fidèle ami de l’homme, il est aussi quelquefois le support de son espérance, quand il n’est pas le miroir de son anxiété. Ce qui a fait dire à Christopher Morley que « personne ne reconnaît le génie très spécial de votre conversation comme le fait le chien ».

Au Gabon, l’histoire de l’homme et du chien est toute différente. Bien loin d’être le compagnon de l’homme sur ce territoire, le chien est traité ici avec beaucoup moins d’égards, depuis les hauts sommets de l’État. On connaît l’expression popularisée par l’ancien président de la République : « Le chien aboie, la caravane passe. » Ou encore : « Je peux faire d’un chien un ministre et d’un ministre un chien. » Dans la vie quotidienne, une expression imagée revient souvent, pour disqualifier l’inconscient qui agit sans valeur. On dit de lui qu’« il a donné la honte au chien ».

Ce recueil de nouvelles est né d’une curiosité sociale. Une expression s’est popularisée au Gabon ces dernières années, dans un pays habitué aux relations complexes avec le chien, qui promet à un indélicat qu’il va voir « ce que le chien a vu à Nzeng-Ayong ». Personne ne vous dira avec précision ce que le chien a réellement vu à Nzeng Ayong, ce quartier populaire de Libreville, pourtant presque tous les Gabonais connaissent le sens immanent de cette phrase. Chacun est convaincu d’en détenir la signification cardinale.
Pour nous l’expliquer et mieux en présenter les différentes articulations, nous avons réuni des passionnés d’écriture, de diverses sensibilités et de tous âges, à qui nous avons posé une seule question : « Qu’est-ce donc que le chien a vu à Nzeng-Ayong? »

Chacun de nous a murmuré à l’oreille une histoire croustillante, étonnante, actuelle et dynamique. Chaque nouvelle est un parcours qui nous interpelle, nous interroge, nous renvoie à nos identifiants et à notre imaginaire socioculturel. Chacune d’elles dessine le visage furtif de ce chien que nul ne peut saisir, mais qui, pourtant, trottine au fond de nous comme le miroir de nos pulsions, de nos passions, de notre désespoir, mais aussi de nos espérances.

Je vous souhaite d’avoir autant de plaisir à lire ce premier recueil que nous en avons eu à en collecter le précieux ferment. Sur la centaine de textes que nous avons reçus, nous vous proposons une première sélection. Merci au premier groupe qui s’est lancé avec passion dans cette exaltante aventure.

C’est un voyage que vous vous apprêtez à effectuer, au terme duquel, nous l’espérons, vous nous rapporterez la preuve que ce chien a réellement vu quelque chose à Nzeng-Ayong.

Pulchérie Abeme Nkoghe

Présidente de l’UDEG

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