Ludovic Obiang
Presses universitaires du nouveau monde
2016
308 p.
Nouvelles
4ème de couverture : Le recueil de nouvelles intitulé, La tâche bleue est nourri de mes dernières expériences par-delà «les murs du sommeil». Conformément à mon souci d établir une cohérence d ensemble, les dix nouvelles du recueil, même si elles peuvent trahir des inspirations ou des colorations différentes, ont été réunies dans le but de faire corps. Les deux premières («Plus jamais ça», «Signé Chris») avaient été prévues initialement pour le recueil Et si les crocodiles pleuraient pour de vrai, publié en 2006. Elles participent d un cycle que j ai appelé ‘Le cycle de l Arambo’, avec les figures centrales de la femme fatale (Noire, les yeux naturellement cernés de noir) et l Arambo, la rivière qui coule avec à ses bords une profonde végétation de bambous de chine). Mais à l époque, elles avaient été écartées pour satisfaire aux normes de publication. J ai donc pris le temps de les relire et de les enrichir en fonction du fil rouge qui établit l unité du nouveau recueil. Comme je me l étais imposé dans mes précédents recueils, il s agit de construire une cohérence d ensemble par la présence de motifs qui se font écho à travers les textes, créant ainsi l impression de situations ou de questions similaires abordées selon des points de vue différents, si bien que chaque texte peut représenter une clé pour en comprendre un autre. Si mon premier recueil était basé sur des principes comme la gémellité, la femme fatale, la réincarnation et la réparation (de la transgression le secret de famille), La tache bleue reprend certains de ces thèmes, mais les prolonge dans le sens d une quête, celle d une alternative au «monde» d aujourd hui, alternative qui peut reposer soit sur la construction d un autre monde, d une nouvelle Thébaïde («La remontée du fleuve»), soit sur la conquête de l au-delà, cet Indicible dont il convient maintenant de fixer les contours («La face cachée du joueur de harpe»). Au moment où je composais ce recueil, cette logique d élévation se concentra en un motif central, le bleu indigo, entendu comme la couleur de l Esprit (de l élévation et du sublime) et donc revendication particulière de «l homme noir» dans sa quête de réhabilitation spirituelle – sans oublier que l expression «tache bleue» constitue un clin d il à la ‘tache noire’ de L île au trésor. D où la nouvelle éponyme «La tâche bleue», que j ai rédigée à partir d une histoire vraie, le drame d un ami camerounais résidant en France, victime d un licenciement abusif, pour ne pas dire raciste, de la part d’Air France. On y distinguera en filigrane les traces d une biographie fictionnelle de la romancière et dramaturge Marie Ndiaye, justifiant l évocation de «trois femmes puissantes», trois grandes figures de la «négritude féminine», parmi lesquelles Ourika, la Sénégalaise, et S ur Bakhita l Ougandaise. A moins que le recueil tout entier ne soit qu’un simple prétexte pour rêver à un monde chimérique, où sentiment et chevaleresque auraient encore leur place («Le survivant de Blavis»). N est-ce pas là en fait l’une des missions régaliennes de la littérature que de nous rattacher à tout ce qui existe de plus noble en nous, par-delà la déliquescence qui affecte notre quotidien («Un arbre en travers de la route», «L exilé des hautes futaies») ? Ludovic Obiang
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Ré-édition : 2015 – Folio Policier
