4ème de couverture : Qu’est ce que la littérature ? Le point de départ de cet ouvrage est de (re) poser la question, « Qu’est-ce que la littérature ? ». Partant en effet de cette question, il ne s’agit pas de revisiter Jean-Paul Sartre et sa vision de la littérature en 1947, quand il publie sous ce titre une longue étude dans laquelle il analyse la position de l’écrivain engagé. Plutôt, nous voulons, au regard de l’évolution actuelle de la littérature, fédérer, voire croiser, différentes visions et différents regards posés sur celle-ci en choisissant une trajectoire qui part de Sartre à Nicole Fortin, en passant par la sociologie positive de Robert Escarpit, Roland Barthes, Jacques Dubois, Jérôme Meizoz et Alain Viala qui s’interroge en ces mots : « [Quelles] conditions sociales furent nécessaires pour que soit inventée la littérature ? ». Au-delà de cette longue parenthèse théorique sur la question « Qu’est-ce que la littérature ? », l’ambition de ce livre c’est d’envisager une analyse sociocritique de la vie littéraire au Gabon qui considère à la fois les acteurs institutionnels et les instances de médiation et de légitimation de cette littérature. La tendance sociocritique privilégiée ici est celle proche de la sociologie de la littérature qui intéresse Jacques Dubois, théoricien de l’institution de la littérature, et Nicole Fortin. Construite autour de cinq chapitres, cette étude sociocritique de la vie littéraire au Gabon souligne que l’institutionnalisation d’une littérature en Afrique subsaharienne francophone a bénéficié au départ d’un acteur institutionnel et politique. C’est cet acteur institutionnel et politique, en l’occurrence la France, qui va mettre au service des sujets écrivants des colonies son appareil institutionnel avec ses différents maillons, (maisons d’édition, prix littéraires, bourses, lectorat, critiques, etc.). L’étude aborde aussi les querelles et débats intellectuels autour de la notion de « littérature nationale » dans le contexte global africain subsaharien : Qu’est-ce qui peut fonder en réalité la nationalité littéraire en Afrique? L’étude montre que cette question intéresse à la fois les critiques africains et les critiques africanistes. L’analyse sociocritique envisagée ici révèle surtout l’importance des acteurs institutionnels de la vie littéraire au Gabon. L’institution universitaire, maillon de l’institution littéraire, se construit autour des instances telles la critique universitaire, les facultés, les instituts de recherche, les grandes écoles, les départements, les centres de recherche et laboratoires. L’institution scolaire, en tant que maillon de la chaîne institutionnelle, constitue, elle aussi, l’un des pôles majeurs et joue un rôle prépondérant dans la vie littéraire au Gabon. Cette institution scolaire ne prend sa place et ne joue son rôle véritable au Gabon qu’à travers des institutions telles, l’IPN (Institut Pédagogique National) et les politiques gouvernementales en matière de diffusion et de vulgarisation du livre (littéraire) gabonais.
L’ Auteur : Hémery-Hervais Sima Eyi vient de publier aux éditions l’Harmattan (2016) Coll. critique Littéraire Sociocritique du roman Gabonais De la méthode à l’analyse du texte (Préface de Marc Angenot). Il est maître de conférence à l’université de Libreville, où il enseigne la sociologie, le discours social, la sociologie des institutions littéraires et la littérature Gabonaise. Depuis octobre 2019, il es maître de conférence associé à l’IREC EA 740 Université Paul Valéry Montpellier 3. Il a fait sa thèse à l’université Laval à Québec sous la direction du professeur émérite Fernando Lambert et a collaboré au centre de recherches en littérature Québécoise (CRELQ). c’est dans la même université qu’il va débuter sa carrière d’enseignant des universités. En hiver 1995, il a suivi un stage d’études doctorales auprès de l’équipe du professeur Claude Duchet à Paris 8. Il est membre du centre de recherche universitaire en sociocritique des textes (CRUST) de Montréal (McGill University)
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