Le business et la spiritualité

Guy Joël Bourobou-Mavouroulou – GJBM

GEG GNK Editions Gabon

2025

102 p.

4ème de couverture : Le 23 juin 2023, l’Agence de Presse Sénégalaise (APS) mettait en ligne une vidéo ayant pour titre «Développement économique du Sénégal : l’archevêque de Dakar invite les chrétiens à la culture». Dans cet extrait, on peut entendre le prélat sénégalais plaider en faveur d’une culture entrepreneuriale en milieu catholique : «inculquez-nous une culture d’entreprise», martelait-il devant son auditoire. Plus loin, le métropolitain Dakarois évoque son étonnement devant une certaine mentalité qui malheureusement perdure encore dans plusieurs milieux chrétiens et qui voudrait qu’au nom de la pauvreté évangélique (heureux les pauvres de cœurs), les chrétiens ne s’intéressent pas aux business. Il y aurait donc une sorte d’antinomie entre le business et la spiritualité, entre le monde des affaires, de l’économie et l’engagement croyant.
Située dans son contexte, cette prise de position de l’archevêque de Dakar vise en réalité à tordre le cou à cette mentalité qui, en réalité, ne fait de bien ni aux croyants ni même à l’économie de nos pays en quête de développement.
En élargissant l’horizon, le livre que vous tenez entre les mains s’inscrit dans la même perspective. Son auteur, Dr Guy Joël BOUROBOU MAVOUROULOU, examine et expose la manière dont «les croyances et pratiques spirituelles peuvent améliorer la motivation, la satisfaction au travail et la cohésion d’équipe», afin de favoriser le développement de l’entrepreneuriat. À travers les lignes et les pages de ce texte, l’auteur adresse à chaque lecteur une invitation à repenser l’entrepreneuriat non plus seulement sous le prisme matérialiste, mais en y intégrant la spiritualité. Et lorsque l’auteur parle de spiritualité, il se situe dans une logique de pluralisme. Son propos n’est clairement pas d’indiquer aux hommes et femmes d’affaires, un courant spirituel ou religieux qui serait la meilleure voie pour réussir dans les affaires. Il rappelle simplement qu’aucune œuvre humaine ne peut se faire sans un ressort spirituel.
Cette orientation me donne l’occasion d’évoquer le texte de Jacques Dupuis, Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux (Paris, Cerf, 1999).
Au-delà de la polémique qu’a pu susciter ce texte, justifiant d’ailleurs une note de la Congrégation de la Doctrine de la Foi, cette référence me permet de relever un fait important. En tant que chrétien, la présence du pluralisme religieux, plutôt que de m’incommoder, m’impose une prise de conscience renouvelée de la place que les autres religions ou spiritualités occupent dans le plan de salut de Dieu. En ce sens, je suis invité à apprécier et à saluer la valeur des autres traditions religieuses, non sans réaffirmer que le salut se trouve en Jésus-Christ.
C’est pourquoi, tout en assumant ma catholicité, il ne m’a pas semblé inapproprié de saluer, à travers cette préface, cette œuvre qui, en s’inscrivant dans le cadre du pluralisme religieux, voudrait unir la spiritualité et l’économie, dans un contexte où certains se plaisent à les séparer.
J’encourage donc chacun à parcourir ce texte afin d’y trouver des motifs pertinents d’un engagement chrétien ou simplement croyant, en faveur du développement de l’entrepreneuriat et donc de l’économie de nos pays.

Jean Davy Ndangha Mbome Ndong
Théologien
Curé de Paroisse
Conseiller du Président de la Transition

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